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La Révélation des pyramides

 

 

Nouvelle adresse

http://www.shanaille.com/lrdp/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Partie 1 : Relevé des points litigieux
Partie 2 : Problèmes d’ensemble
Partie 3 : Conclusion
Partie 4 : Foire aux arguments
Partie 5 : Références et liens

Vidéo : La Révélation des Pyramides

Partie 1 : Relevé des points litigieux

0:00:22 « Comme tout le monde je pensais que tout avait été dit sur la grande pyramide de Gizeh. »

En première lecture j’ai compris cette phrase comme « discours officiel : tout a été dit », ce qui est exactement l’inverse du discours officiel, qui ressemble plus à cela :
0:09:30 « c’est vrai pour certaines époques, mais pour d’autres… on est quand même un peu dans le questionnement permanent ».
Ici, à propos de la construction : Superscience – La Grande Pyramide
Mais peut être que la narratrice parle des hypothèses pour expliquer la construction de la pyramide – hors civilisation égyptienne – et ainsi découvrir l’hypothèse nouvelle présentée par le documentaire.
Sans vouloir spoiler le documentaire, l’hypothèse d’une « civilisation ancienne doté d’une technologie avancée » existe depuis très longtemps.

0:03:40 « Chose qui serait encore difficilement réalisable actuellement. » (à propos du transport de plaque de granit sur 900km).

Ici j’avoue ne pas avoir bien compris si la narratrice sous-entend « avec nos moyens actuels » ou « avec leurs moyens à eux, les égyptiens ».
Si c’est avec nos moyens : Nous n’avons aucun problème à l’heure actuelle pour tailler, transporter et soulever des blocs de granit.
Si il s’agit de reproduire ce travail avec leurs moyens à eux : Vrai. Ceci pour une raison simple : la perte du savoir.
Tout au long de l’histoire l’espèce humaine à perdu certains savoirs, volontairement ou non, par inutilité ou accident.
A titre de comparaison, nous avons les châteaux que l’on tente de reconstruire ainsi que les trébuchets. Reconstruire tout celà aujourd’hui, même en utilisant des techniques modernes reste très délicat, ne parlons pas de refaire l’ensemble avec les méthodes de nos ancêtres.
http://www.guedelon.fr/fr/l-aventure-guedelon/presentation_01_01.html%29
Pour le transport, ça fait longtemps que l’on a arrêté de transporter du granit sur des barques et des traineaux. Du coup au niveau technique c’est effectivement difficile à reproduire.
Je vous invite à regarder ce passage de The Pyramids – AA Debunked, niveau transport tout est là :
The Pyramids – AA Debunked, le transport

0:06:50 « Selon la majorité des égyptologues, la grande pyramide aurait été construite en 20 ans, un rapide calcul montre ce que cela représente en terme de construction. 20 ans, 12h par jour, 365 jours par an, 2 millions de blocs de pierre, ça représente un bloc extrait, taillé, lissé et ajusté toutes les deux minutes 30 environ. »

Faux. Confondre une fréquence moyenne avec une durée moyenne de chaîne…
2 millions de blocs de pierre sur une durée de 20 ans ne veut pas dire que l’on extrait, on taille, on lisse, on pose un bloc en 2m30. Cela veut dire que l’on pose (en moyenne) un bloc de pierre toutes les 2m30.
Comparez avec la phrase : Superscience – La Grande Pyramide
Faites le parallèle avec les voitures construites. Quand une usine produit 10000 voitures par an, on dit qu’une voiture sort de l’usine toutes les heures (en moyenne). On ne dit certainement pas « ça représente une voiture montée, visée, peinte, nettoyée en une heure ». C’est trompeur, la durée de la chaîne peut prendre bien plus de temps qu’une heure, qui est une fréquence moyenne de sortie.
C’est le principe du travail à la chaîne : la fréquence moyenne concerne une étape et n’a rien à voir avec le temps que prend l’ensemble de la chaîne.

0:06:50 [Image d’un bloc tiré sur des rondins de bois]

Des traineaux ont été retrouvés, il existe d’ailleurs un hiéroglyphe pour les désigner.
Il semblerait aussi que les rails de bois aient été lubrifiés. Voir le transport des pierres ici :
Les pyramides
Building the Great Pyramid (eng)
Déplacement d’un colosse
Le document fait référence à un bas-relief trouvé dans la tombe de Gehoutihotep, on voit des hommes tracter une statue d’une soixantaine de tonnes sur un traîneau en bois. A l’avant, un homme verse de l’eau pour humidifier l’argile afin de la rendre glissante.

0:07:17 « C’est donc avec des burins de cuivre, des maillets de pierre et des cordes de chanvre et beaucoup d’astuce qu’ils auraient réalisé la dernière des 7 merveilles du monde. »

Propos quelque peu réducteurs.
L’eau pour le nivellement : Superscience – La Grande Pyramide
Niveau à plomb : Superscience – La Grande Pyramide
Tailler le calcaire avec du cuivre : Superscience – La Grande Pyramide
Tailler le granit : Superscience – La Grande Pyramide
Découpe du granit : http://www.pbs.org/wgbh/nova/lostempires/obelisk/cutting05.html
Surface plane : Superscience – La Grande Pyramide
De nombreuses réponses aussi dans le documentaire The Pyramids – AA Debunked. Comme par exemple pour faire des trous.

0:07:30 « On récapitule, il y a 47 siècles, alors que le reste de la planète se promène encore vêtu de peaux de bêtes, les bâtisseurs ont construit la grande pyramide. »

Nous sommes actuellement dans les années 2000, il y a 47 siècles ça nous donne -2700.
D’après mes recherches le tissage existait depuis longtemps et il y avait de nombreuses civilisations avancées.

0:08:47 « Quand je croyais encore que les thèses de l’égyptologie reposaient sur des faits concrets et surtout prouvés. »

Nous allons ici aborder la notion démarche scientifique : Hypothèse -> expérience et indices -> contradiction -> validé / invalidé.
Telle est la démarche scientifique.
La communauté scientifique n’est pas restreinte, elle est ouverte. N’importe qui peut appartenir à cette communauté. il n’y a pas de carte de membre ou de diplôme à avoir.
Un individu propose des travaux, d’autres se chargent de vérifier les travaux, d’autres de vérifier les vérifications. Cela peut prendre du temps. A terme l’hypothèse est validée ou non.
N’importe qui peut faire ça du moment que le travail est rigoureux et suit un certain protocole.
En matière d’égyptologie (et d’histoire), on se base sur les découvertes et les écrits. A mesure que les indices sont accumulés nous arrivons à une preuve basée sur l’induction, tout aussi valable qu’une preuve par démonstration. Par exemple il est admis que les égyptiens ont taillé des blocs de calcaire avec des outils en cuivre. Ceci est « certain » (prouvé) grâce à de nombreuses découvertes allant dans ce sens.
Les égyptologues admettent cette hypothèse comme valide. Quelqu’un peut toujours dire qu’il n’est pas convaincu par ces preuves. Mais s’il souhaite participer au débat scientifique, « dire » ne va pas suffire, il faut qu’il invalide les éléments trouvés et/ou qu’il présente les éléments d’une autre hypothèse jusqu’à la rendre plus crédible.
Oui, l’égyptologie se base sur des faits concrets et prouvés.
Mais s’il existe des certitudes, il existe aussi de nombreuses incertitudes voir, pour d’autres aspects un brouillard complet.

0:10:20 « La réalité c’est que concernant la grande pyramide il ne s’agit en fait que d’opinions, et à ce jour rien n’a été démontré. ».

Cette phrase dit que tout ce qui concerne la grande pyramide, ce sont des avis personnel, et rien d’autre. Ce qui est faux, bien entendu, voir plus haut.

0:10:30 La comparaison entre le chantier d’Abou Simbel et le chantier de la grande pyramide.

D’un côté nous avons un chantier de construction dont on ignore encore beaucoup de choses avec plusieurs dizaines de milliers d’ouvriers, des architectes expérimentés (ce n’est pas la première pyramide) et un empire entier tourné vers ce projet. De l’autre un chantier de quelques centaines d’ouvriers qui découvrent les manœuvres en faisant attention à ne rien abîmer, avec des normes de sécurité actuelles. [Tiré de l’argumentaire de Chou]
Si les états-unis et l’Europe avaient considéré ce déplacement comme un problème de sécurité mondiale et que tous les moyens avaient été mis pour accélérer le processus, il y a fort à parier que le chantier aurait duré bien moins longtemps.
Par conséquent la pertinence de la comparaison peut être remise en cause.

0:11:18 La comparaison avec une ancienne mine d’argile. « Seulement pour apporter des gravats et les déverser dans le trou, on ne parle ni de taille ni de construction ».

Et il ne faut pas parler de taille et de construction.
Le principe est le même qu’avec le calcul aboutissant à 2m30, pour la moyenne d’une fréquence on ne prend qu’une action, généralement la dernière. Un camion décharge toutes les 3 minutes, un bloc est posé toutes les 2m30.
Insistons sur ce fait :
1. les camions vont en ligne droite et déversent les gravas. Nous obtenons une fréquence d’un camion toutes les 3 minutes.
2. les camions font 50 fois le tour du chantier puis déversent les gravas. On arrive au même résultat : un camion déverse son chargement toutes les 3 minutes.
Quelque soit la durée de la chaîne, la fréquence ne change pas.

0:12:10 150 ans, un monument au Mexique contre 20 ans pour la pyramide.

Comparaison plus pertinente, mais biaisé, cette pyramide mexicaine doit détenir le record de temps de construction.
Pour vous faire une idée je vous invite à comparer avec d’autres grands monuments de l’antiquité :
Amphithéâtre d’El Jem : 20 ans.
Colisée : 10 ans.
Pont du Gard : 5 ans, 11 millions de blocs.
L’acropole d’Athènes et tous ses temples : 18 ans.
Si vous avez d’autres exemples je suis preneur.
Fort de ces informations, l’hypothèse de 20 ans n’est plus l’aberration présentée.
Pour ces constructions nous sommes à l’âge du fer, mais la problématique de la taille, du transport et le hissage sont comparables. Si la taille est plus longue avec du cuivre, il suffit de plus d’hommes pour en tailler plus en même temps, on se retrouve à temps égal avec le même nombre de blocs taillés. Et nous avons vu que la moyenne du temps de construction est liée à une seule tâche, la pose par exemple.
Les outils sont plus performants, mais en terme d’ingénierie un pont est autrement plus délicat à construire qu’une pyramide.

0:12:20 « Pourquoi l’égyptologie s’accroche t-elle à une durée ridiculement courte d’une durée de 20 ans ? … Parce que si elle admettait une durée plus longue que celle du règne de Khéops, ça ne pourrait plus être son tombeau, ce qui ne se discute pas. »

D’après ce que moi j’ai compris en lisant à droite à gauche c’est que cette hypothèse de 20 ans est discutable et discutée dans le milieu de l’égyptologie.
Simplement 20 ans pour la construction reste crédible à la vue des éléments que l’on a à l’heure actuelle.
D’une manière générale tout est discutable en matière d’histoire, mais il ne suffit pas de dire, il faut apporter des éléments pour étayer ses dires.
Cette hypothèse de 20 ans repose sur des estimations qui ne sortent pas du néant. Il est tout à fait légitime de la remettre en question mais dans ce cas il faut apporter soit des éléments pour une autre hypothèse plus crédible (laquelle ?) soit montrer que les éléments de cette estimation sont faux ou mal interprétés.

Sinon la notion va bien plus loin que le tombeau, sous forme d’hypothèses culturelles : Superscience – La Grande Pyramide.

0:14:18 « Ce qui est logique car on retaille le moins possible ce qui sort de la carrière. Surtout quand elle se trouve à 900km de là »

Nous sommes ici au temple d’Abydos. D’après ce que j’ai trouvé les constructions sont en calcaire fin. On ne trouve en granit que des pièces bien précises : colonne, linteaux de porte, mais pas les pierres de construction. Or la mine dont parle la narratrice est la mine de granit, le calcaire se trouve juste à côté.
http://antikforever.com/Egypte/Villes/abydos.htm

0:14:50 : « On m’a alors montré quelque chose, la forme générale d’assemblage se répète en miroir de chaque côté du couloir. »

Tout d’abord notez que les symétries ne sont pas exactes, mais présentent des similitudes.
Pour vérifier cette information il nous faudrait savoir quelle est la proportion des symétries par rapport aux zones non symétriques. Si les deux exemples du documentaire sont les seules, alors il s’agit bien d’une illusion statistique car sur un tel site c’est bien l’absence de symétrie qui serait étrange.
Comme le seul moyen de vérifier cette information est de se rendre sur le site, partons du principe que tous les couloirs et toutes les arches présentent systématiquement des symétrie et donc, que cette disposition est effectivement volontaire.

Pour en savoir plus sur le principe d’illusion statistique :
http://www.imposteurs.org/article-28913089.html
La technique d’illusion consiste à montrer des éléments qui à première vu paraissent étranges en terme de probabilité. Mais en terme de statistique c’est leur absence qui serait étrange.

0:15:20 « Ce qui posait alors un énorme problème car retailler des blocs aussi dur que l’acier trempé et les manipuler sans grue pour les ajuster avec ce genre d’outil [burin + pierre] n’a jamais été refait autrement qu’avec des petits dessins dont les égyptologues sont friands. »

Nous parlons toujours de bloc de calcaire et non de granit. Du coup c’est beaucoup moins dur que l’acier trempé.
Notez au passage que le mot « calcaire » n’est jamais employé dans le documentaire alors que c’est la matière de base des constructions. Par contre « granit » oui, et pour le reste c’est « bloc de pierre ».
Pour ce qui est de lever de lourdes charges, je vous propose l’excellente vidéo suivante :

Et d’autres notions de manipulation de charge :
Les pierres de pivotement
Les leviers

A noter aussi que le silex, utilisé depuis des milliers d’années à ce moment là, est plus solide que le granit :
http://www.ginellames.fr/fr/tailler_le_silex/bases_de_la_taille/02_matieres.php

Statue égyptienne en granit :

Une statue égyptienne lisse avec des courbes. Le travail du granit par les égyptiens semble parfaitement plausible.

0:16:12 « Si c’était bien la raison de ces formes, cela voulait dire que les bâtisseurs le savait, mais comment aurait-il pu le savoir, puisque l’anti-sismie est une science moderne. »

Nous parlons ici d’agencement de pierres, pas de la science moderne anti-sismique.
Avec des tremblements de terre, et sur plusieurs générations, il n’est pas incongru d’imaginer que les égyptiens observaient les bâtiments, les murs qui étaient encore debout. Sans parler de « science anti-sismique » il est tout à fait possible que la pratique et l’observation suffisent à expliquer cette connaissance simple en construction.
Sans oublier qu’il n’y a pas de mortier, ceux qui ont construit ont du jouer à Tetris pour un meilleur maintient, sans même chercher à construire pour résister aux secousses.

0:20:30 « Des parties brutes et des parties polies, des stries, des sillons et des entailles … Plus tard, sur d’autres sites égyptiens de la même époque, on m’a montré ces trous… »

Tout est expliqué ici, même les trous : Débunk de Ancien Alien

0:21:50 A propos des vases en pierre dure : « Quand j’ai poser la question de savoir comment on les avait fait, on m’a placé ce petit dessin magique sous le nez … Avait-on essayé de reproduire ces objets avec ces techniques ? Non, on n’avait pas jugé utile de le faire. »

Les Pyramides en Pierre Agglomérée
Les pierres moulées
Des expérience ont été faites par Joseph DAVIDOVITS et son équipe. La technique du moulage fonctionne.
Du coup aucun problème pour faire ce genre de vase.
Notons que Joseph DAVIDOVITS est interviewé dans le documentaire mais pas du tout interrogé sur ces techniques.

0:23:51 « Personne n’avait pu transporter et lever des statues aussi lourdes c’était le seul exemple connu sur la planète. »

L’objectif ici est de prendre un peu de recul pour retirer l’adjectif « impossible » assimilé à cette tâche.
Le socle du cavalier de bronze pèse entre 1200 et 1500 tonnes et a été tracté sur un traineau par la force de l’homme sur 6km.
Les techniques sont plus modernes, mais le principe reste le même.
Avec des méthodes simples et ingénieuses il est possible de déplacer de lourdes charges. Même si nous n’avons pas encore trouver comment ils ont fait exactement, l’opération reste dans le domaine du possible.

**************** A suivre ****************

Partie 2 : Problèmes d’ensemble

De nombreux experts ont été interviewé. Si vous souhaitez savoir qui ils sont je vous invite à lire le blog de zeggat : zegatt.wordpress.com
Globalement les ingénieurs n’ont aucune expertise en matière d’égyptologie. Même si leur expérience est notable, elle ne concerne que des problématiques modernes et leurs résolutions avec des outils modernes.
Je vous invite à faire le parallèle avec d’autres reportages où les ingénieurs que l’on entend ont une expérience en égyptologie :
Superscience – La Grande Pyramide

Les égyptologues et les thèses qu’ils ont exprimés sont mises à mal dans le documentaire, principalement dans la première partie. Ce genre d’exercice fait partie intégrante de la démarche scientifique.
Pour ma part je n’ai jamais vu de documents de vulgarisation aborder ce genre de travaux de contradiction, on voit plutôt les hypothèses plus ou moins étayées qui sont défendues et montrées au grand public pour faire part de l’évolution de nos connaissances. J’intègre là dedans des documentaires avec des hypothèses « hors-normes » ou complètement farfelues, ce n’est pas du tout gênant.
D’ailleurs je suis intéressé si quelqu’un trouve un exemple de documentaire qui contient un travail de contradiction.
Pourquoi ne voit-on pas de travaux de contradiction dans une vulgarisation ? Je pense que c’est parce qu’il suffit d’une contradiction recevable pour qu’une hypothèse tombe à l’eau.
C’est pourquoi ce travail de remise en question se fait généralement d’expert à expert, ce sont des domaines pointus, et il faut être très rigoureux sur les contre-arguments et les preuves qui vont avec. Ce serait scientifiquement contre-productif d’éliminer une hypothèse valable avec une démonstration bancale.
L’enjeu est de taille : modifier la vision du monde scientifique sur un point particulier.
Mais après tout pourquoi pas, si cela peut aider à la compréhension de la démarche scientifique.

Ou alors, il ne s’agit pas du tout d’un travail de contradiction mais d’une présentation objective de l’état de nos connaissances en matière d’égyptologie, comme pour rappeler au spectateur ce que nous savons et ce que nous ignorons dans le domaine. D’ailleurs, poser l’égyptologie en première partie paraît plus logique par rapport à l’objectif du film (révélation).
Dans ce cas il s’agit non plus de lister les problèmes de cette science, mais bien de présenter les découvertes récentes et importantes, proposer des exemples pertinents et significatifs.

Dans un cas comme dans l’autre, la présentation comporte de nombreux biais et de nombreuses erreurs.
Pourquoi ?
C’est Monsieur Grimault (auteur du documentaire) a courtoisement répondu à ma question :

http://www.desillusions.fr/2012/12/la-pyramide-des-ages-et-la-fin-du-monde/

« La présentation, elle aussi, a été pesée en termes d’attrait afin que les difficultés paraissent justifiée par la force de l’hypothèse, d’une part, et aussi pour nous séparer radicalement des documentaires somnifères.
Pourquoi ne pas mettre ces deux aspects en même temps : 1/ l’incroyable des thèses anciennes 2/ l’incroyable d’une nouvelle thèse…
Du point de vue stratégique, il s’agissait aussi d’enlever à l’adversaire – non pas le scientifique mais le dogmatique – ses appuis, en montrant ses faiblesses… et notre force, pour cette fois à peine esquissée.  »

Il s’agit d’une simple technique de contraste. On comprend mieux le procédé, il ne s’agit pas de faire un bilan objectif de l’égyptologie ou un travail de contradiction rigoureux, mais simplement de tirer les thèses actuelles le plus bas possible, quitte à tromper, omettre, tronquer, biaiser.
Nous sommes à l’opposé d’une démarche scientifique mais admettons le : c’est efficace.

L’argumentaire ne recule devant rien pour jeter le discrédit sur l’égyptologie et montrer l’impossibilité de la construction de la pyramide par le peuple d’Égypte.
Il n’y a aucune accusation directe, à propos de l’égyptologie le spectateur peut imaginer ce qu’il souhaite selon son état d’esprit. Tous ceux qui ne remettent pas en question les « faits » présentés peuvent y trouver leur compte. C’est pourquoi dans les défenseurs du documentaire nous retrouvons aussi bien des sceptiques heureux de voir que l’on remet en question quelque chose que des rebelles en relation conflictuelle avec un pouvoir en place, et jusqu’aux adeptes du complot mondial (égyptologues ou tous les scientifiques).
De la même manière, à aucune moment le documentaire ne dit qu’il est impossible pour les égyptiens d’avoir construit cet édifice. C’est le spectateur, seul, libre, qui arrivera cette conclusion.
Avec l’omniprésence du principe « que même aujourd’hui ce n’est pas possible » et la présentation des événements étranges le spectateur pourra suivre sa propre idée et ainsi remplacer les égyptiens archaïques parce ce qu’il souhaite : « civilisation ancienne disparue avec une technologie avancée », extra-terrestres, Atlantes, etc. Là encore il y en a pour tout le monde.

Tout le problème vient du fait que ces preuves sont fausses, au mieux biaisées, loin, très loin d’une présentation objective que nous sommes en droit d’attendre pour une réflexion personnelle saine.

Conclusion

Ce film devrait être étudié dans les écoles de réalisation pour montrer toutes les erreurs à ne pas faire en matière de vulgarisation.
C’est un domaine sérieux où il faut être rigoureux, on ne peut pas laisser faire n’importe quoi en la matière.
Ce documentaire est à l’intention du grand public, et qui va vérifier chaque phrase pour s’assurer que ce qui est présenté comme un fait est vrai ?

Le documentaire discrédite l’égyptologie et tente de montrer que la grande pyramide n’a pas pu être construite par les égyptiens en oubliant de mentionner les découvertes qui vont dans ce sens.
Savez vous ce qu’est une tentative de fausser ou orienter la perception de la réalité d’un interlocuteur en usant d’un rapport de pouvoir, de séduction, de suggestion, de persuasion (ajoutons « omission ») ?
Pour reprendre la méthode de non-dit du documentaire je n’écris pas le mot, mais je pense que tout le monde a compris.
Les experts en la matière n’affirment rien, mais ils savent très bien amener les réflexions de leurs interlocuteurs là où eux le souhaitent.

Ce n’est pas tout.
Psychologiquement, il est difficile pour le commun des mortels de vivre sans une explication. Avec un certain bagage scientifique, certains peuvent réfléchir avec « je ne sais pas », mais en dehors de ça, il est plus confortable d’imaginer le plus crédible. Alors qui, après le discrédit des thèses courantes, ne va pas minimiser son esprit critique face à une nouvelle hypothèse ?
Pour ma part je trouve inadmissible d’utiliser une technique de contraste (qui plus est faussée) dans un documentaire, nous ne sommes pas dans une fiction de Hollywood.
Les auteurs proposent un documentaire au grand public, porteur d’un message de vérité, il s’agirait de faire le travail sérieusement sans chercher à tromper.

Après cette découverte, nous sommes en droit de nous poser des questions sur les auteurs et leurs motivations.
Car si les auteurs, pratiquant l’imposture, la déformation de la réalité (biais cognitif) et la falsification pour obtenir notre confiance, nous ne sommes plus très loin d’une autre définition.

0:08:20 récapitulatif de toutes les épreuves de la construction « … en seulement 20 ans, avec ceci… [image d’un burrin et d’une pierre] »

Comme le dit si bien la narratrice :

0:08:27 « Présenté de cette manière les faits se heurtent. »

Présenté de cette manière, oui. J’espère vous avoir présenté une autre manière, plus objective.

Avis personnel

Je tente de rester le plus objectif possible, ce n’est pas facile. Et je ne relève que les points litigieux, du coup il est possible de dire que tout ce qui n’est pas énuméré ici ne pose aucun problème. J’irai même plus loin sur certains domaines comme la réalisation que je trouve parfaite avec du sensationnalisme, une voix agréable et claire, une quête initiatique et des mesures en grosse berline qui rendent l’ensemble très attrayant.
Je serai plus réservé sur certaines idées auxquelles je n’adhère pas, mais c’est un avis personnel qui n’a pas grande importance.

Foire aux arguments

Motivation

« Mais pourquoi tu passes autant de temps à critiquer un documentaire que tu n’as pas aimé ? »
Un documentaire qui veut révéler une vérité et qui contient autant de contre-vérité, ce n’est pas bon. La virulence aveugle des défenseurs du documentaire m’a finalement poussé à écrire ce relevé des points litigieux. Si cet article peut permettre à certaines personnes à discerner les pièges de ce document, c’est une très bonne chose.
Par ailleurs, le portrait biaisé de l’égyptologie est en soi une catastrophe. Il est simplement irresponsable de pousser le public dans ce genre de rejet général inconsidéré et infondé.
Pour vous montrer l’ampleur des dégâts, observez la bêtise des commentaires de cette vidéo : Superscience – La Grande Pyramide
C’est juste affligeant.

Diplômes

« Tu as quel diplôme pour critiquer ce documentaire ».
Aucun. Et ça n’a aucune importance.
Ce documentaire est à destination de la population, la population critique. Si les auteurs souhaitent des critiques des experts, qu’ils écrivent des travaux rigoureux pour les experts.

Omissions

« Le documentaire ne peut pas parler de tout. »
C’est vrai.
Le biais vient du choix des éléments. Lorsque vous proposez un élément, ou une série d’éléments et que vous choisissez ceux qui vous arrangent, vous trompez et faites croire à l’interlocuteur que ces exemples sont significatifs. C’est ni plus ni moins que de la manipulation.
D’où l’importance de préciser les critères de sélection.

Complot

J’ai beaucoup entendu un rejet général des scientifiques, parfois dans leur ensemble, parfois uniquement les égyptologues ou archéologues.
Il faut savoir que lorsque l’on parle de ce genre de « groupe » on parle de plusieurs milliers (égyptologues), de plusieurs millions (scientifiques) de gens. Parce que dans la communauté scientifique capable d’émettre des hypothèses et de les contredire nous avons les professionnels publics / privés mais aussi des amateurs passionnés. On parle de toutes les origines culturelles, sociales, ethniques dans le monde entier. On parles d’imbéciles et de gens intelligents, à tout degré de talent, intègres ou corrompus, avec un ego plus ou moins important.
Nous avons dans ce monde de véritable guerres d’hypothèses, de l’argent, de l’influence, parfois même du vol de paternité, mais aussi de belles découvertes.
Certains affirment que tous ces gens sont de mèche pour cacher quelque chose, ou empêcher certaines hypothèses d’émerger ?
Je ne sais pas quoi dire à ces gens. Sinon peut être monter un dossier et aller voir les journalistes ?
Quel journaliste pourrait résister à un scoop ?
Enfin, sauf si eux aussi sont dans la combine évidement…

Direction

« L’égyptologie n’étudie pas toutes les pistes ! »
C’est à dire qu’elle ne se lance pas dans des théories que l’on qualifie « hors normes ».
Les égyptologues sont des scientifiques comme les autres. Ils ont leurs propres hypothèses. Parfois c’est leur boss qui a des hypothèses à leur donner.
Il n’existe pas de « bureau des hypothèses » dans lequel les scientifiques vont chercher leurs travaux de recherche.
Si vous souhaitez aborder une hypothèse, libre à vous, proposez des travaux.

Des idées sans les mots

« Le documentaire ne prononce jamais le mot Atlante ! »
Si je vous parler d’un cow-boy qui tire plus vite que son ombre, ça vous évoque quelque chose ?
Et pourtant je ne vous ai pas dit son nom.
Maintenant si je parle de technologie avancée à une époque reculée, en citant Platon avec une image de ruine sous l’eau, ça vous évoque quelque chose ?
Le documentaire ne prononce jamais le mot, pourtant l’idée est là.
Il en va de même pour le discrédit des égyptologues ou l’impossibilité de construire les pyramides. Ce n’est pas dit textuellement, mais pour transmettre des idées il existe d’autres moyens que les mots qui les définissent.

40 ans de recherches

« Manque de respect aux 40 ans de travaux de Jacques Grimault ! »
Quatre choses :
1 : Ne perdons pas de vue que le documentaire piétine littéralement le travail de plusieurs vies de recherche. Du coup demander aux détracteurs le respect du travail derrière le documentaire, c’est ce qu’on appelle un double standard.
2 : La critique du documentaire n’implique pas une critique des travaux sur lesquels le documentaire se base.
3 : Après toutes les erreurs que j’ai relevé, j’ai cherché ces 40 ans de recherche afin de vérifier sur quoi était basé le documentaire, j’avoue avoir du mal à trouver des publications. Si quelqu’un peut me les fournir, je suis preneur.
4 : Ces critiques devraient être prise comme une source d’amélioration.

Problèmes de datation

A l’espacement dans le temps des différents sites il est souvent rétorqué que Jacques Grimault remet en cause les principes de datation effectués par les archéologues. Pourquoi pas.
Mais lorsque je regarde une démonstration mathématique, je me base sur mes connaissances en la matière pour suivre. Lorsque je regarde une émission en médecine, pareil. Logiquement, lorsque je regarde un documentaire sur l’archéologie je me base sur les découvertes pour suivre.
Si la datation de ces sites est remise en cause, pourquoi ne pas l’avoir dit clairement au départ ?

Les bon côtés

Pour certains ce documentaire a été une ouverture pour la recherche. C’est une très bonne chose. Ce documentaire a peut être même créé des vocations en égyptologie ou archéologie.
Maintenant regardez les conséquences catastrophiques au travers des commentaires du reportage ci-dessous :
Super Science : La Grande Pyramide
Des insultes, un rejet systématique et général des connaissances archéologiques…
Je vous passe ce que j’ai entendu lors des « débats ».
Il y a de quoi être révolté par les conséquences qu’engendre ce documentaire.
Je n’ai rien contre une remise en question sérieuse basée sur un travail rigoureux, mais ce rejet généralisé et infondé est totalement irresponsable.

Confiance, méfiance et vérification

Le documentaire invite à chercher par nous même. Très bien. Je l’ai fais moi même.
Certains prennent les informations telles quelles et font confiance. D’autres veulent faire une rapide vérification sur Internet, quelque soit la raison, curiosité ou doute. D’autres encore vont multiplier les sources de cette information. D’autres vont aller plus loin et lire des livres de vulgarisation de la librairie à côté. D’autres vont se rendre dans des universités et des bibliothèques. D’autres vont aller par eux même sur les sites pour voir par eux même. D’autres vont même aller interroger les meilleurs spécialistes.
Très bien.
Doit-on impliquer ça partout ? Un problème sur ma voiture ? Une prescription de médicament ? Un phénomène physique comme un verre qui se brise ? Un plat que je veux manger au resto ?
Au bout d’un moment, nous devons faire confiance aux experts, on ne pourra pas l’être soi même en tout.
Nous pouvons baser cette confiance, par exemple, sur l’intérêt – une mauvaise cuisine va engendrer la fermeture du restaurant – ou encore sur la rivalité : une théorie mal fondée va vite trouver des contradicteurs, une théorie pertinente va vite trouver preneur.
Je fais confiance à l’opportunisme et l’égo des égyptologues ainsi qu’à la concurrence dans le milieu pour rendre crédible ces connaissances et baser mes réflexions dessus.

Séparation du documentaire / Auteurs

A nouveau, au cours de l’argumentation, il est souvent reproché aux détracteurs de s’intéresser aux auteurs du documentaire, alors que seul devrait compter le résultat de leur travail.
Cet argument n’a aucune valeur. Cette idée est à mettre en parallèle avec celle de confiance et de vérification (voir plus haut). Si je n’ai pas confiance dans le documentaire, si j’ai un doute, je suis en droit de me pencher sur ses auteurs afin d’en chercher les motivations.
De la même manière une personne qui se méfie des dires d’un archéologue est en droit de s’intéresser aux travaux, aux diplômes, aux articles concernant ce personnage pour estimer son sérieux.

Reconstruire une pyramide

Certains ne seront convaincus que lorsque les égyptologues auront reconstruit une pyramide avec les outils de l’époque.
Et puis quoi ? Honnêtement cet argument me rappel les adeptes du complot lunaire qui veulent un billet pour la lune histoire de vérifier par eux même. Non, on ne va pas reconstruire une pyramide, je préfère, comme beaucoup, que l’argent serve à autre chose qu’à prouver à une poignée de paranoïaques que c’était possible. De toute façon, c’est certain, il y aura une autre excuse derrière pour continuer à ne pas croire.

Critique illusoire

Il est possible de reprocher à cette critique une « illusion statistique » en ne reprenant que les mauvais points et passant sous silence ce qui est bon.
L’objectif de cet article correspond exactement à ça, mais ce n’est pas une illusion dans la mesure où l’article annonce la couleur dès le départ, et par conséquent les bons points ne seront pas relevés.
Vous pouvez partir du principe que ce qui n’est pas relevé dans cet article ne pose aucun problème.
par contre le documentaire veut présenter une révélation, c’est bien comme ça qu’il démarre. Cet article n’a pas cette prétention, il ne fait que relever les points problématiques de la présentation.

Apporter la preuve de l’erreur

Il s’agirait de ne pas inverser les rôles. Cet article n’a pas la prétention d’offrir une révélation, contrairement au documentaire. Si les auteurs du documentaire souhaitent remettre en cause une hypothèse en cours, c’est à eux d’apporter des éléments de contradiction et les sources qui vont avec. Ce n’est pas à cet article, qui pointe l’absence de source dans cette contradiction d’apporter des preuves supplémentaires dans le sens de l’hypothèse de départ.

Références

La Révélation des pyramides
(pour des raisons de droit d’auteur il arrive que la vidéo ne soit plus disponible, il vous faudra alors faire une recherche par vous même pour la retrouver)

Critique acide du documentaire (et plusieurs commentaires très instructifs) par CerberusXt : La Révélation des Pyramides, le documentaire en mousse
La plupart des arguments de fond viennent de ce site.

La réponse de Thomas Ferriere à CerberusXt
La réponse de CerberusXt à Thomas Ferriere
La réponse de Jacques Grimault à CerberusXt

Enquête de Zegatt sur le documentaire, et tout ce qu’il y a autour : http://zegatt.wordpress.com/2013/03/04/la-revelation-des-pyramides-1-mise-en-scene-du-spectacle/
Je rappelle que si vous doutez du sérieux de ce documentaire, vous avez le DROIT de vous informer sur les gens qui sont derrière.

Super Science : La Grande Pyramide

Cas très instructif d’un ingénieur « égyptologue amateur » qui a très certainement découvert la méthode de construction :Hypothèse de Houdin

Débunk (destruction des allégations) de Ancien Alien

Si vous souhaitez faire des fouilles, c’est ouvert aux bénévoles : http://www.culture.gouv.fr/culture/fouilles/ [Merci à Ningirsu]

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